Complicité

Je ne sais pas si je débranche le téléphone
ou si je m'attaque à la prise multiple...
Lucile et Thomas ne jouent pas ensemble, mais ils ont un goût commun pour certaines choses interdites, comme toucher aux prises électriques, courir vers le lave vaisselle dès qu'il est ouvert pour jouer avec tout ce qui est mouillé et gluant, et se précipiter vers la salle de douche quand on oublie d'en refermer la porte pour patouiller dans les petites flaques d'eau.
Mais ils ont aussi leurs bêtises perso. Thomas adore manger les livres en carton et ferait n'importe quoi pour attraper télécommandes et téléphones, tandis que Lucile est fan de portes (j'ai toujours peur pour ses doigts!).
Arrivés
Dimanche nous ne sommes partis qu'à midi 1/2, après le repas des bébés et après avoir englouti nos sandwichs. La nuit avait été assez mauvaise, puisque miss Lucile s'était réveillée (chose dont elle n'est pas coutumière), bien décidée à ne pas se rendormir! Elle a dû sentir que je ne voulais absolument pas qu'elle pleure (nous avions deux invitées!) et en a profité pour venir faire un tour dans notre lit et se faire un peu câliner. Pour finir elle a quand même pleuré (même pas une minute!) et s'est vite rendormie dans SON lit. Le dimanche a malgré tout bien commencé car tout le monde s'est réveillé assez tard pour un week end de changement d'heure.
A trois heures nous étions garés sous la tour Eiffel... enfin presque. En arrivant au niveau du périf, nous l'avions aperçue et les grands avaient eu envie d'aller la voir de plus près, surtout fille moyenne. Ciel bleu, animation, promenade d'une heure après un voyage sans un pleur... tout allait bien. Mais ça n'a pas duré!
Craignant d'être en retard à la gare, j'ai donné le goûter pendant le trajet. Je ne suis pas souple et j'ai mal au coeur en voiture. Pourtant ça se passe comme ça: les bébés sont assis tout à l'arrière de la Scénic, dans le coffre; je rabats le siège arrière central et m'installe dos à la route (pas très autorisé tout ça!) et face aux deux bouches affamées, les deux grandes me servant de porte petits pots/ cuillères/ biberons, et c'est parti. C'est hyper inconfortable (dos d'âne et virages super!) et ça me donne illico envie de vomir. A peine la becquée terminée, nous étions dans un bouchon et Lucile s'est mise à pleurer. Dans ces moments là, je ne suis vraiment pas zen: larmes, "c'est sûr on va le louper le train", "je vais devoir y aller à pieds avec les 5 et tous les bagages", "c'est la dernière fois que je pars seule avec les enfants" (ça, c'est à chaque vacances)... D'habitude, Monsieur me rassure, mais là il a vraiment cru aussi qu'on allait arriver en retard! Heureusement, the boss nous a conseillé de changer d'itinéraire et ça s'est avéré efficace. Re-coup de stress en arrivant dans le parking, car pas de place libre en vue. Course jusqu'au train! Monsieur a même eu le temps de nous monter la poussette et une valise et de prévenir le contôleur que sa (cruche de) femme avait composté les billets de retour! Ensuite deux heures d'haltérophilie surtout avec Lucile qui n'avait toujours pas digéré le goûter dans la voiture, qui était très énervée jusqu'à ce qu'elle recrache tout son bib d'eau sur ses habits et que je la change entièrement. Le biberon du soir nous a permis de souffler dix minutes, mais vraiment pas plus! (Faut pas que je pense au retour!)
La nuit qui a suivi a été celle de Thomas (Lucile n'a pas oublié de lui passer le relais): toux, pleurs, cris, il a fini dans mon lit... mais a fait la grasse mat jusqu'à 8H15!
Bref, hier soir, à dix heures j'étais au lit et à dix heures cinq je dormais!
Matin gris
Ce matin, il a beaucoup plu. Comme souvent en ce moment.
Ce matin, Thomas n'avait plus de fièvre, plus de boutons non plus... finie la roséole... mais un gros rhume, une vilaine toux et l'air tout fatigué.
Ce matin, Lucile avait encore le nez bouché et un peu vert et rouge.
Ce matin, je toussais aussi et commençais à avoir mal à la gorge.
Ce matin, je n'avais pas encore mes billets de train pour les vacances... grosse appréhension de devoir gérer des malades loin de la maison.
On n'a pas fait grand chose... le minimum... quelques légumes épluchés et puis cuits... un coup d'éponge sur la table... une lessive vite démarrée... et des cubes empilés, des livres feuilletés, des cartes mises et remises dans leur boite et beaucoup de temps assise avec eux, car dès que je fais mine de bouger c'est pleurs et compagnie! Admirer l'arc en ciel, regarder le rouge gorge sur le plan de tomates et remarquer comme leurs couleurs sont semblables, se désespérer au spectacle des taupinières qui ravagent notre jardin, m'évader dix minutes sur un blog Lucile sur mes genoux qui regarde la pluie, croire un instant que Thomas dit "man-man" avant de comprendre qu'il veut juste manger (c'était peut être "miam-miam"!?)...
Mon miel...
The boss (allias mon grand de 13 ans) il y a quelques jours:
- "Ce soir c'est moi qui mets au lit Lulu".
Nous sommes étonnés car il insiste. Il pense devoir se justifier:
-"Oui, quand on la couche elle fait plein de sourires" ("plein" sans "s" ... private joke).
Et là, la mère oublie d'un seul coup d'un seul, les cheveux trop longs, le pantalon qui laisse voir le slip, les réponses désagréables, les observations négatives des profs, les cahiers oubliés, les heures scotché à l'ordi...
9 ans
Vendredi, ma petite grande a eu 9 ans. Petite grande ou moyenne ou grande n°2 ou n°3? Elle a déjà fait remarquer qu'elle est en quelque sorte l'axe de symétrie de la fratrie: au dessus et en dessous une grande et une petite sœur, un cran après, un grand et un petit frère; elle n'est pas encore près-ado, plus du tout bébé, juste à l'âge cool, l'âge de l'école primaire, tellement facile que j'oublierais parfois qu'il faut aussi m'occuper d'elle!
Hier elle avait invité une dizaine de copains/copines... et il a plu tout l'après midi! Beaucoup de bruit, mais aucune dispute et pas mal de temps passé à faire un jeu de mime (inventé et imprimé par nous le midi même!): anniversaire réussi, malgré notre fatigue (les bébés malades à tour de rôle les 2 nuits précédentes!) et la météo.
il y a 9 ans
Effets néfastes des téléphones portables
Qu'est ce qui se passe quand un bébé qui aime croquer, est assis trop près d'un autre bébé qui, lui ,aime montrer de l'index le nez, la bouche, les dents, de très, très près!... trop, trop près? Et bien oui, le premier mord très, très fort le second qui crie très, très fort et pleure très, très longtemps. Tout ça pendant que je lisais un SMS: c'est vraiment dangereux, les portables!
Téléspectatrice
Hier soir, nous avons regardé le film documentaire sur France3 "Le mystère des jumeaux"... forcément. Déjà, je sais pas comment ils font les cinéastes, mais ils trouvent toujours des nanas qui peuvent prendre 30Kg sans une seule vergeture. C'est clair, je n'ai aucune chance pour le cinéma! Même si tout au long du reportage je me disais "c'est vraiment trop injuste", j'ai quand même suivi... et je ne m'y suis pas vraiment retrouvée. La caméra était trop fascinée par les ressemblances physiques, ça parasitait (à mon avis) la parole de tous ces couples de jumeaux, tous "vrais". Il m'a manqué un petit témoignage de "faux" jumeaux (notamment leur sentiment sur le fait qu'ils entendent toute leur vie qu'ils sont "faux"!). Ça ne m'a pas empêchée de verser quelques petites larmes d'émotion. Pour l'instant je ne ressens pas de lien si fort entre Lucile et Thomas. A la maternité on a essayé de les faire dormir ensemble, mais on a vite trouvé que Lucile dormait bien mieux seule. Était-ce uniquement parce qu'ils manquaient de place (pas de lit assez grand pour de "gros" jumeaux), ou Lucile avait elle besoin d'avoir justement un peu plus de place que dans mon ventre où Thomas était apparemment plus à son aise, ou nous sommes nous trompés? Arrivés à la maison, ils ont fait chambre commune quelques temps (avec moi aussi d'ailleurs): comme leur rythme était là aussi très différent, on a décidé de les séparer pour qu'ils ne se réveillent pas mutuellement (je n'ai jamais réveillé un bébé qui dort, je ne voulais pas commencer avec eux pour qu'ils aient exactement les mêmes horaires). Maintenant chacun a sa chambre et ils ne se réveillent généralement pas du tout à la même heure le matin et à la fin de la sieste. Ils ont pleins de ressemblances, autant de différences! Mais ils doivent constamment se partager leur mère à qui il n'a pas poussé deux bras supplémentaires et un dos de rechange! (Et pour la mère en question, c'est ça le plus dur: devoir parfois en laisser un pleurer pour s'occuper de l'autre).
Virtuel²
Mon blog, il est tellement virtuel que de très nombreux billets n'y sont même pas retranscrits, mais restent dans ma tête (pas très longtemps d'ailleurs, dans ma petite tête, pas assez pour attendre LE moment de libre pour me mettre à les taper sur l'ordi, les corriger, les peaufiner...) puis disparaissent, remplacés par les suivants...En plus, avec le recul, je me dis souvent qu'ils ne valent pas grand chose, et le temps de changer d'avis, oups, ils ont disparu. Derniers sujets (encore un peu visibles sur ma carte mémoire usée): l'autonomie des deux grandes, parties seules à vélo chez une copine habitant à 5Km (petit stress de la mère et fierté!); les nombreux mystères de l'adolescence ou comment supporter de marcher avec un pantalon qui tombe; le désarroi de la mère de famille qui ne sait plus que faire à manger à sa progéniture (ne pas chercher de portée métaphysique!); comment faire pour avancer avec un bébé accroché à chaque jambe (au propre et au figuré); l'éducation d'un ado de 4° qui a bien l'intention d'en faire un minimum et de passer un maximum de temps devant MSN; la soupe du dimanche soir patagée avec des copains pour éviter de penser au lundi; le reste est flou même s'il doit y avoir des tas de sujets orientés "jumeaux" ou "ados"... Dans ma caboche, il n'y a pas que le poids des mots, mais aussi le choc des photos... qui n'ont jamais été prises. Toutes plus belles et vivantes car toujours sur le vif, dans le feu de l'action, pas cadrées, panoramiques. Des petits films parfois. En ce moment surtout des échanges de tétines, des tentatives d'ascension des escaliers, des moments tranquiles à regarder un petit livre en carton, des poursuites de chat, des sourires charmeurs, des fous rires, des pleurs forcés...



